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Biocarburants : les obstacles réglementaires bientôt levés par l’OMI

Bien que les biocarburants permettent de réaliser des économies de GES, ils soulèvent toujours des doutes. Des doutes dûs aux émissions de NOx, au respect de l’annexe VI de MARPOL ainsi qu’au code technique des NOx. Cependant, avec la nouvelle résolution de l’OMI, ces obstacles sont en passe de disparaître. Explications.

Les règles que doivent respecter les biocarburants

Les biocarburants ainsi que ses mélanges doivent respecter la règle 18.3 de l’annexe VI de MARPOL. Ce règlement établit des seuils de teneur en soufre à ne pas dépasser. Ensuite, il stipule que les carburants ont l’obligation de ne pas «amener un moteur à dépasser la limite d’émission de NOx applicable». Pour le respect des limites de soufre, le problème ne se pose pas concrètement. Le bémol se situe plutôt à la nature du code technique NOx.

 

logo de l'organisation maritime internationale

 

Quels sont les défis que rencontrent les biocarburants ?

Pour obtenir la certification des moteurs ainsi que le certificat IAPP, il faut d’abord réaliser un test du moteur parent. Et ce dernier doit être effectué sur un carburant marin de qualité DM (distillat) dans le respect de la norme ISO 8217:2005. Montrer que les biocarburants remplissent bien cette condition a été un véritable challenge. 

Pour preuve, en dehors des tests et de la surveillance des émissions à bord, il fallait parfois réaliser des tests de validation des émissions de NOx spécifiques au moteur ainsi qu’au carburant. Et c’est sans compter la difficulté complémentaire afférente à l’incapacité de définir un biocarburant de référence. 

Alors, pour pallier ce problème, les navires peuvent obtenir des exemptions conformément à la règle 3 de l’annexe VI de MARPOL, «Essais pour la recherche sur les technologies de réduction et de contrôle des émissions des navires». Les petits moteurs peuvent ainsi obtenir une autorisation d’essai des biocarburants pendant une période allant jusqu’à 18 mois. Quant aux gros moteurs munis d’un cylindre au-delà de 30 litres, cela peut aller jusqu’à 5 ans. Tout cela sur fond de réserve de la décision des administrations du pavillon. Cependant, la nouvelle résolution de l’OMI est en passe de lever ces obstacles.

ferry de la compagnie la méridionale - photo camille moirenc

 

Les innovations apportées par l’OMI

En juin 2022, le comité de l’environnement marin de l’OMI a procédé à l’approbation d’une nouvelle « interprétation unifiée (UI) ». Et ce, en ce qui concerne l’application de la réglementation 18.3 MARPOL Annexe VI qui est relative aux biocarburants.

D’après cette UI, les mélanges de biocarburants jusqu’à 30 % (B30) ainsi que les carburants issus de pétroles ordinaires auront la même considération. Cette nouvelle résolution permet aussi d’utiliser les biocarburants B30 à B100 au niveau des moteurs certifiés en conformité avec la règle de l’annexe VI de MARPOL. 

En outre, la publication de l’interface utilisateur se fera toujours en tant que MEPC.1/Circ.795/Rev.6. Toutefois, il faut noter que l’application de la nouvelle UI dans certains pays peut accuser un certain retard. Pour cela, en tant que propriétaires, si vous prévoyez de vous servir des biocarburants, vous devez contacter l’administration de votre pavillon. Cela afin de prendre connaissance de leur position formelle concernant l’application de cette nouvelle réforme.

 

photo aérienne du port de lavera - marseille - photo camille moirenc

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